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Entretien de parcours professionnel : ce qui change pour les entreprises en 2026

il y a 11 minutes
4 min de lecture

Depuis le 1er octobre 2026, l’entretien professionnel évolue. Il devient l’entretien de parcours professionnel (EPP), avec de nouvelles échéances mais aussi un contenu plus structuré. Pour les entreprises, et notamment les TPE et PME savoyardes, l’enjeu ne consiste donc pas simplement à changer le nom d’un entretien obligatoire. La réforme invite à en faire un véritable temps de dialogue sur les compétences, l’évolution des métiers, la formation et les perspectives professionnelles des salariés.


D’un entretien professionnel à un entretien de parcours


La réforme issue de la loi du 24 octobre 2025 modifie sensiblement le calendrier. Le premier entretien doit désormais intervenir au cours de la première année suivant l’embauche. Ensuite, l’entretien est organisé tous les quatre ans, contre deux auparavant, tandis que l’état des lieux récapitulatif passe de six à huit ans. Un point mérite une attention particulière : pour les salariés déjà présents dans l’entreprise, le nouveau délai de quatre ans se calcule à partir du dernier entretien réalisé, et non à partir de l'entrée en vigueur de la réforme. Pour les RH comme pour les dirigeants de petites entreprises, le premier réflexe est donc assez simple : retrouver la date du dernier entretien de chaque salarié et établir les prochaines échéances.


Moins fréquent, mais plus structuré


L’entretien de parcours professionnel ne doit pas être confondu avec l’entretien annuel.

L’entretien annuel regarde principalement l'activité, les résultats et les objectifs. L'EPP se projette davantage vers l'avenir : où en est le salarié dans son parcours et comment ses compétences peuvent-elles évoluer ?

Trois dimensions sont notamment au cœur de l'échange : les perspectives d'évolution professionnelle, les compétences et qualifications à développer et les besoins de formation permettant d'accompagner cette évolution.     


Le contenu devient également plus structuré autour de cinq thématiques : compétences mobilisées et leur évolution, parcours et perspectives d'emploi, besoins de formation, souhaits d'évolution professionnelle, mais aussi information sur le Compte personnel de formation (CPF) et le Conseil en évolution professionnelle (CEP).     


Autrement dit, il ne s'agit plus seulement de demander au salarié : « Souhaitez-vous suivre une formation ? »

L'entreprise peut profiter de l'entretien pour poser des questions beaucoup plus utiles :


  • Quelles compétences deviennent plus importantes dans votre métier ?

  • Quelles tâches évoluent ?

  • Sur quoi souhaitez-vous progresser ?

  • Comment imaginez-vous votre activité dans quelques années ?

  • De quel accompagnement auriez-vous besoin ?


L'occasion de parler concrètement des transformations du travail


C'est probablement l'un des intérêts majeurs de cette évolution. Dans beaucoup d'entreprises savoyardes, les métiers changent parfois sans que cela se traduise immédiatement par un changement de poste : nouveaux logiciels, automatisation, nouveaux équipements, évolution des attentes clients, contraintes réglementaires, transition environnementale ou encore arrivée de l'intelligence artificielle. L'entretien de parcours peut permettre de mettre des mots sur ces transformations avant qu'elles ne deviennent des difficultés.


L'occasion également de travailler sur les outils d'intelligence artificielle : maîtrise des nouveaux outils, besoins de formation et conséquences possibles de l'automatisation sur les postes. L'objectif n'est pas de transformer chaque entretien en audit technologique. Il s'agit plutôt de poser une question simple : qu'est-ce qui est en train de changer dans ce métier, et quelles compétences faudra-t-il demain ?


Deux moments importants dans la deuxième partie de carrière


La réforme renforce également la dimension « parcours » en introduisant deux rendez-vous à des étapes particulières de la vie professionnelle. Un entretien est prévu autour de 45 ans, notamment pour aborder les enjeux de prévention de l'usure professionnelle et, lorsque cela est nécessaire, l'aménagement du poste. Un autre doit intervenir dans les deux années précédant les 60 ans, avec une réflexion sur les conditions de fin de carrière et la préparation de la retraite.  Pour une entreprise, ces rendez-vous peuvent dépasser la seule obligation réglementaire. Ils permettent d'aborder plus tôt des sujets parfois traités trop tard : maintien dans l'emploi, transmission des compétences, évolution des missions, formation, mobilité interne ou adaptation du poste.


Et après une longue absence ?


Les règles évoluent également. Après certaines absences liées notamment à la parentalité, à un congé proche aidant, un congé sabbatique ou une longue maladie, un entretien doit être proposé si le salarié n'a pas bénéficié d'un entretien de parcours professionnel au cours des douze mois précédents. Là encore, disposer d'un historique fiable des entretiens devient essentiel.


Une méthode simple pour se mettre à jour


Pour les entreprises qui n'ont pas encore adapté leurs pratiques, inutile de commencer par construire un dispositif complexe. Quatre actions permettent déjà de poser de bonnes bases :


  1. Recenser les salariés et la date de leur dernier entretien professionnel afin de calculer les prochaines échéances.

  2. Identifier les situations particulières : nouveaux embauchés, retours d'absence, salariés approchant 45 ans ou 60 ans.

  3. Faire évoluer la trame d'entretien pour intégrer compétences, évolution des métiers, formation, souhaits professionnels, CPF et CEP.

  4. Préparer les managers qui conduisent les entretiens, en rappelant surtout la différence entre évaluation de la performance et réflexion sur le parcours professionnel.


C'est peut-être finalement le principal changement à retenir : l'entretien devient moins fréquent, mais il gagne en profondeur. Pour une TPE ou une PME, il peut devenir un outil très concret de gestion des compétences : anticiper une évolution de métier, identifier un besoin de formation, sécuriser un parcours, préparer une transmission de savoir-faire ou simplement ouvrir une discussion qu'on ne prend pas toujours le temps d'avoir au quotidien.

La réforme fixe un cadre. L'intérêt pour l'entreprise est d'en faire autre chose qu'une échéance administrative.

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